Flokenaja



Quand j’abandonne mon rêve !

Où est-ce que je vais te laisser mon cher rêve…
mon fragile, mon encore non grandi,
mon rêve laissé en plein chemin…

Où est-ce que je vais te laisser ?

Comme un enfant sans défense,
tes bras autour de mon cou,
tu refuse de t’en aller…
…et moi, l’impitoyable,
moi, la cruelle,
j’enlève tes mains…
je te repousse…
je t’abandonne
sur un bout de terre stérile, assoiffé,
je te laisse là
pieds nus, mal vêtu…
et je m’en vais…

je m’en vais
mais je m’en veux
et je me retourne, je me lance vers toi
pour te serrer dans mes bras,
j’embrasse tes cheveux
tes yeux que j’ai eu tant de peine à les désigner…
j’embrasse les blessures de tes pieds
et mon souffle devient ton souffle

tu ris à coeur joie,
un bonheur à pleurer de rire
et moi…
je te regarde dans les yeux
et encore une fois je te dis… il faut que je te laisse

et cette fois-ci,
c’est toi qui t’éloigne de moi
c’est toi qui me repousse et me tourne le dos,
tu t’assois par terre et tes épaules tremblent de tes sanglots
et moi je m’éloigne toute partagée, la tête retournée en arrière,

je me dirige vers là-bas
où un autre rêve, plus facile, je dois choisir…
mais mon esprit reste là,
sur tes sanglots qui s’éloignent toujours plus
jusqu’à ce que le crépuscule t’envahisse tout entier

pardonne-moi mon rêve très cher,
pardonne-moi mon fragile, mon
rêve coupé en plein chemin,
pardonne-moi de ne pas oser te vivre,
pardonne-moi !

perktheu U.Nerguti


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