Flokenaja



A l’accordéoniste aveugle

  Une feuille,
imbue d’automne,
capricieuse,
embrasée…

se repose,
doucement,
sur ton chapeau…

Toi,
tu la vois pas…

tu la sens…

Toi,
solitaire,
avec ton vieux accordéon,
fais vibrer un air
d’un tango oublié…

Ton âme se balade,
doucement,
à travers les touches fendues,
collées,
par-ci par-là avec du scotch…

Assis, insouciant,
sur le trottoir…

…vêtu,
un costume gris,
terni par le temps…

…chaussé de pantoufles…

…et,
dans le creux du
chapeau,
rien ;
(précisément là où
le passant indifférent
devrait récompenser
son âme,
autant fendue que
les touches de l’accordéon…)

…là-dedans…
…se repose…
…doucement…
…une feuille capricieuse…

perktheu.U.Nerguti.


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